Jean-Pierre Dikongue Pipa, l'homme et son oeuvre.


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Avant de passer à l'ouverture du Fespaco et l'inauguration de la statue en bronze du cinéaste, commençons par faire connaissance avec celui-ci.

Metteur en scène et producteur camerounais, Jean-Pierre DIKONGUE-PIPA est Réalisateur, scénariste et producteur. 
Né en 1940 à Douala (Cameroun), alors qu'il est adolescent, Jean-Pierre Dikongue-Pipa pratique le théâtre en amateur. Il crée bientôt sa propre troupe et écrit ses pièces. A Paris, il suit des études cinématographiques au Conservatoire indépendant du cinéma français de 1962 à 1964.

La Carrière au cinéma de Jean-Pierre Dikongue-Pipa révèle quelques courts métrages réalisés avec l'aide du ministère français de la Coopération, puis, devant les difficultés inhérentes au cinéma en Afrique, la reprise de ses activités théâtrales. Près de dix ans plus tard, il parvient à réaliser l'un des premiers longs métrages camerounais , Muna moto (1975), qui raconte les tribulations d'un couple d'amoureux confrontés aux pesanteurs de la tradition, symbolisée en la circonstance par la dot. Critique apparente des archaïsmes, mais aussi - plus discrètement, pour échapper à la censure - des abus de pouvoir si fréquents dans le continent africain. Le film séduit la critique européenne par la beauté des images et une justesse de ton proche du néoréalisme. Le Prix de la liberté (1978), qui évoque la condition féminine, est en revanche un peu trop simpliste pour convaincre des esprits accoutumés à un langage cinématographique élaboré. Mais peut-être ce type de cinéma sert-il avant tout un objectif de communication auprès du public africain ?

Le cinéaste de 72 ans est, jusqu’ici, le seul Camerounais dont le film, « Muna Moto », sous-titré en 25 langues, a été distingué de l’Etalon de Yennenga en 1976 au Fespaco. 
Il a reçu l’Ecran d’honneur 2016 du Festival Ecrans Noirs de Yaoundé. Jean-Pierre Dikongué Pipa vit à Douala, est donc un citoyen de Douala, facteur qui justifie l'engouement du Premier Magistrat de la Ville de Douala à l'accompagner dans ce sacre.
Dikongué Pipa n’est pas seulement réalisateur, il est aussi acteur. Il a joué dans « Les veuves volontaires » d’Alphonse Beni (sorti l’année dernière). Avant cela, il avait eu un rôle dans « Les pygmées de Carlo » (2002) du Juif Français Radu Mihaileanu. Au total, il a travaillé dans une trentaine de films. Des projets, il en a encore plein la tête. Ne signe-t-il pas dans « Badiaga », en guise d’épigraphe, que « le vivant n’est pas en retard » ?
Beaucoup à dire encore à son sujet.......
Voilà pour l'essentiel.

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